Depuis 2018, nous recevons chez nous, à Toulouse, des familles qui cherchent leur chaton sibérien. Et régulièrement, certaines nous racontent une première expérience malheureuse : un chaton acheté sur une petite annonce, arrivé malade, trop jeune, sans papiers, parfois même sans être un sibérien du tout. Ces histoires nous touchent à chaque fois, parce qu'elles seraient presque toutes évitables. Voici, en toute franchise, ce que nous regarderions si nous devions choisir un élevage demain.
En France, élever et vendre des chatons n'est pas une activité libre. Un éleveur doit posséder un numéro SIRET, être déclaré auprès des services de l'État et respecter des règles sanitaires précises, contrôlées par la DDPP de son département. Ce n'est pas de la paperasse pour le plaisir : c'est ce qui garantit que quelqu'un, quelque part, vérifie que les chats vivent dans de bonnes conditions.
Pour notre part, nous sommes déclarés à la MSA et à la DDPP de Haute-Garonne, notre chatterie est enregistrée au LOOF, et nous sommes membres du SNPCC (le syndicat de la profession) ainsi que du CASIB, le club de race du sibérien. Notre numéro SIRET figure en bas de chaque page de ce site. Un éleveur sérieux n'a aucune raison de cacher ces informations : si vous devez les réclamer trois fois, posez-vous des questions.
On nous demande parfois si le pedigree « sert vraiment à quelque chose » puisque le chaton ne fera pas d'expositions. La réponse tient en une phrase : en France, sans pedigree LOOF, un chat ne peut pas être vendu comme chat de race. Point. Un « sibérien sans papiers » est légalement un chat de gouttière, et vous n'avez aucune garantie sur ses origines, ni sur les fameuses qualités du sibérien — son caractère, sa robustesse, son faible taux de Fel d 1 — qui se transmettent justement par une sélection rigoureuse des lignées. Si le sujet vous intéresse, nous détaillons tout cela sur notre page consacrée au chat sibérien.
Le sibérien est une race naturellement solide, mais un élevage sérieux ne s'en remet pas à la chance. Chez nous, les reproducteurs sont testés pour la PKDef (déficience en pyruvate kinase), une maladie génétique connue dans la race : un test simple, fait une fois dans la vie du chat, qui permet de ne jamais faire naître de chaton atteint. Demandez toujours à voir les résultats de tests des parents — un éleveur qui les a faits sera fier de vous les montrer.
Regardez aussi si l'élevage travaille avec un vétérinaire sanitaire référent. C'est une obligation pour les élevages déclarés, et c'est surtout un gage de suivi réel : notre propre vétérinaire passe à la chatterie pour des visites de contrôle, en plus des consultations de chaque portée. Vaccins, identification, certificat de bonne santé avant le départ : tout cela doit être documenté dans le carnet de santé du chaton, pas promis oralement.
S'il ne fallait retenir qu'un conseil, ce serait celui-là : allez voir où vivent les chats. Pas une pièce de présentation, pas une photo bien cadrée — le vrai lieu de vie. Chez nous, il n'y a pas de mystère : la chatterie, c'est notre duplex toulousain, où nos chats vivent avec nous, nos enfants et nos visiteurs. Vous verrez la mère des chatons, leur espace de jeu, leur litière, et vous sentirez tout de suite si l'ambiance est saine. Nous recevons uniquement sur rendez-vous, pour préserver la tranquillité des portées, mais nous recevons : vous pouvez réserver un créneau de visite en quelques clics.
Un éleveur qui refuse toute visite, qui propose systématiquement de « livrer sur un parking » ou de vous retrouver à mi-chemin sans que vous ayez jamais vu l'élevage, ce n'est pas un éleveur prudent : c'est un signal d'alarme majeur.
Avec les années, nous avons appris à reconnaître les schémas qui reviennent dans les mauvaises expériences qu'on nous rapporte. Quatre situations doivent vous faire passer votre chemin, même si le chaton est adorable sur les photos :
Sur l'âge de départ, soyons précis : la loi autorise la cession à 8 semaines, mais aucun éleveur sérieux ne s'en contente. Entre 8 et 12 semaines, le chaton apprend auprès de sa mère et de sa fratrie l'essentiel de ses codes sociaux. Le séparer trop tôt, c'est fabriquer un adulte anxieux. Nos chatons partent à 12 semaines minimum, vaccinés, identifiés et déjà bien dans leurs pattes.
Lors de votre premier échange, demandez combien de portées naissent chaque année, comment les chatons sont socialisés, quels tests ont été faits sur les parents, ce que prévoit le contrat en cas de problème de santé, et ce qui se passe après l'adoption. Un éleveur passionné répondra longuement — chez nous, on nous reproche plutôt de trop parler de nos chats. Et le suivi ne s'arrête pas au départ du chaton : nous restons joignables toute la vie du chat, et beaucoup de nos familles nous envoient encore des nouvelles des années après.
Prenez votre temps, comparez, posez des questions qui dérangent. Un bon élevage n'a rien à vous vendre dans l'urgence : les chatons bien nés trouvent toujours leur famille. Et si vous voulez voir comment nous travaillons, le plus simple reste de nous écrire ou de venir nous rencontrer — nos chats se chargeront du reste.